Animations en EHPAD : ateliers, jeux et soirées à thème

Animations en EHPAD : ateliers, jeux et soirées à thème

Un EHPAD propose chaque semaine plusieurs animations à thème : ateliers mémoire, jeux de cartes et de société, activités créatives, soirées à thème. Ces rendez-vous sont inscrits au planning affiché, souvent en début de semaine, avec un horaire fixe et un lieu connu. Ils sont ouverts à tous les résidents qui souhaitent y participer, sans obligation et sans niveau requis.

Quelles animations à thème proposer aux résidents d’un EHPAD ?

Le choix se fait d’abord sur ce que les résidents savent encore faire avec plaisir, puis sur ce qui se pratique à plusieurs. Quatre familles d’activités reviennent le plus souvent.

Les ateliers mémoire. Ils durent trente à quarante-cinq minutes. On y travaille la reconnaissance, la remémoration et l’attention : retrouver une date, citer des prénoms, classer des images par thème, compléter des proverbes, évoquer une année précise. Le support peut être un jeu de cartes de memory, un loto de saisons, un jeu de sept familles ou des photos anciennes. L’objectif n’est pas la performance mais la régularité : une séance courte chaque semaine vaut mieux qu’une séance longue une fois par mois.

Les jeux de cartes et de société. Belote, tarot, rami, dominos, petits chevaux, loto, memory. Ces jeux ont un avantage simple : ils ont des règles connues, ils se jouent à deux ou à quatre, et ils laissent une place à la conversation. Le memory, en particulier, se pratique à deux ou en petit groupe, avec des cartes en grand format, plus faciles à saisir.

Les activités créatives. Peinture, collage, modelage, jardinage en bac surélevé, cuisine simple, chant, écoute musicale, lecture à voix haute. Elles produisent un objet ou un moment que le résident peut montrer, ce qui alimente ensuite les échanges avec la famille.

Les soirées à thème. Repas à thème régional, goûter d’anniversaires du mois, soirée chansons françaises, projection d’un film ancien, bal ou thé dansant, veillée contes. Elles se préparent à l’avance : décor de salle, musique, menu adapté, parfois une animation extérieure. Le repère de date compte autant que le contenu.

Pour un établissement qui cherche des idées de séances, un atelier et animation à thème peut aussi se construire autour d’un support écrit simple, fiches de vocabulaire ou méthode de jeu, que l’équipe adapte ensuite au groupe.

Comment un atelier de cartes ou de memory stimule-t-il les résidents ?

Un atelier de cartes ou de memory sollicite plusieurs fonctions en même temps, ce qui explique son intérêt en EHPAD.

La mémoire de travail. Le résident doit retenir une carte, une couleur, une position, puis la retrouver. Au memory, il faut mémoriser l’emplacement d’une image retournée pendant que les autres jouent. C’est un exercice de mémoire à court terme, court et répétable.

L’attention soutenue. Une partie de belote ou de loto demande de suivre le jeu pendant vingt à trente minutes, de compter, de repérer un numéro. Cette durée d’attention se travaille.

Le langage et le calcul. Annoncer une carte, compter les points, demander « à qui le tour », nommer une image : la partie fait parler et calculer sans que cela ressemble à un exercice.

Le lien social. Le jeu impose des tours de parole, des règles partagées, une petite tension et des rires. Un résident qui parle peu en journée peut commenter une partie. C’est souvent le bénéfice le plus visible pour l’équipe.

La motricité fine. Tenir des cartes, les poser, retourner un jeton, mélanger : ces gestes entretiennent la préhension et la coordination œil-main.

Deux précautions. D’abord, adapter le matériel : cartes larges, contrastes forts, tapis qui ne glisse pas, table à bonne hauteur, éclairage suffisant. Ensuite, adapter les règles : on peut jouer à deux, en équipe, avec un temps limité, ou en version simplifiée. Un atelier réussi est un atelier où l’on ne perd pas la face.

Comment préparer une soirée à thème qui fonctionne ?

Une soirée à thème se prépare en quatre points.

Un thème unique et daté. Une région, une décennie, une chanson, une saison. Le thème doit être annoncé plusieurs jours avant, à l’oral et sur le planning, pour que les résidents puissent s’y préparer et en parler entre eux.

Un décor simple. Nappe, affiche, musique d’ambiance, quelques objets prêtés. Le décor sert de repère visuel : en entrant dans la salle, on comprend où l’on est.

Un menu ou un goûter adapté. Les textures et les régimes restent ceux prescrits. Le thème se joue sur les saveurs, la présentation et les noms des plats, pas sur les quantités.

Un temps de fin clair. Une heure de début, une heure de fin, un retour accompagné vers les chambres. Les résidents fatigués ou sensibles au bruit doivent pouvoir partir avant la fin, sans que cela se remarque.

Qui encadre les animations et comment les résidents y sont-ils associés ?

Les animations sont portées par l’animateur ou l’animatrice de l’établissement, avec l’aide des aides-soignants, de l’ergothérapeute, du psychologue ou de bénévoles selon les structures. Le projet d’animation est en général présenté en conseil de la vie sociale, où les résidents et les familles peuvent donner leur avis.

La participation se décide au cas par cas. Certains résidents viennent à toutes les séances, d’autres à une seule activité. Le refus est respecté. Pour les personnes qui ne se déplacent pas facilement, une animation peut être proposée en chambre, en individuel, ou en petit groupe dans une salle proche de l’unité.

Un point pratique pour les familles : le planning d’animation est affiché dans les couloirs et souvent remis à l’entrée. Il permet de savoir quel jour a lieu l’atelier mémoire, la belote ou la soirée à thème, et de poser la question lors de la visite.

Quels effets observe-t-on, et ce qu’il ne faut pas en attendre ?

Les équipes notent en général une meilleure participation aux temps collectifs, des échanges plus nombreux entre résidents, une journée mieux rythmée. Les ateliers mémoire entretiennent les fonctions sollicitées, mais ils ne soignent pas une maladie et ne remplacent pas un traitement. Aucune animation ne promet de faire reculer une perte de mémoire.

Ce qui se mesure le plus simplement, c’est la présence : nombre de participants, régularité, durée de la séance, nombre de résidents qui prennent la parole. Ces relevés suffisent à ajuster le programme d’un trimestre à l’autre.

En résumé

Une animation à thème utile est courte, régulière, annoncée à l’avance et adaptée au groupe présent. Les ateliers mémoire, les jeux de cartes et de memory, les activités créatives et les soirées à thème couvrent l’essentiel des besoins : stimuler l’attention et la mémoire, faire parler, faire faire, et créer un rendez-vous attendu dans la semaine.

Source : https://www.has-sante.fr/